Santé

Nourrir un Shiba Inu : croquettes, BARF, ration ménagère, comment choisir

25 mai 2026 · 9 min de lecture

Croquettes de qualité, BARF ou ration ménagère : les trois modes peuvent convenir à un Shiba Inu, à condition de respecter ce qui ne se négocie pas. Une protéine animale nommée en tête de composition, un taux de glucides contenu, des quantités mesurées car ce petit chien rustique stocke facilement, et toute transition alimentaire étalée sur une bonne semaine pour ménager sa digestion parfois sensible. Le choix entre les trois modes dépend surtout de vous : les croquettes premium offrent simplicité et équilibre garanti, le BARF et la ménagère offrent maîtrise et appétence mais exigent rigueur et validation vétérinaire pour éviter les carences. Chez nous, chaque chiot part avec son alimentation de départ et un protocole de transition précis. Méfiez-vous des modes et des extrêmes : le meilleur régime est celui que votre chien digère bien, qui maintient son poids de forme et son pelage brillant.

Par Adrien, Royaume d’Akuma · 13 minutes de lecture

Pourquoi le Shiba n’est pas un chien comme les autres face à la nourriture

Par exemple, le Shiba mange peu pour son poids. Un mâle de 12 kg consomme environ 200 grammes de croquettes par jour, là où un labrador de même gabarit en avalerait 350. Cette frugalité tient à un métabolisme japonais ancien, sélectionné sur des siècles pour des conditions alimentaires modestes en zones montagneuses. Cette particularité a deux conséquences. La qualité de chaque bouchée compte plus que pour les autres races. Un Shiba qui mange peu doit recevoir des nutriments concentrés. Et la prise de poids guette : un Shiba sédentaire en suralimentation devient obèse en six mois, avec impact direct sur les articulations.

Nourrir un Shiba Inu aux croquettes : la solution la plus simple

80 % des familles du Royaume nourrissent au croquettes. C’est l’option la plus pratique, la plus stable nutritionnellement, et la plus économique sur le long terme. Encore faut-il bien lire l’étiquette. La règle d’or : la première protéine listée doit être animale et nommée précisément. « Poulet frais », « saumon désossé », « agneau », jamais « viandes et sous-produits animaux » ou « protéines animales ». Plus la liste est précise, plus la croquette est sérieuse. Donc, d’abord, le taux de protéines animales doit dépasser 30 %, idéalement 35 %. Le taux de céréales doit rester sous 30 %. Mais les céréales acceptables sont l’orge, le riz brun, l’avoine. Le maïs et le blé sont à éviter, ils provoquent souvent des troubles cutanés chez le Shiba. Cherchez les croquettes « sans céréales » avec prudence. Beaucoup remplacent les céréales par de la pomme de terre ou de la patate douce, ce qui revient à un taux glucidique équivalent. Le vrai grain-free utilise plutôt des légumes verts et des fruits. Au Royaume, nous travaillons avec deux marques : Orijen et Acana en gamme premium, Carnilove en alternative milieu de gamme. Nous évitons systématiquement les marques de grande surface, dont le ratio qualité-prix reste catastrophique. Pour aller plus loin, ce guide vous aide à choisir la bonne croquette.

Le BARF : un projet de vie, pas un essai

BARF signifie Biologically Appropriate Raw Food. L’idée consiste à nourrir le chien avec une ration de viande crue, d’abats, d’os charnus et de légumes mixés, dans des proportions précises. La ration journalière représente 2 à 3 % du poids du chien adulte. Sur le papier, c’est l’alimentation la plus proche de la physiologie carnivore. Dans la pratique, le BARF demande une rigueur quasi médicale. Mal équilibré, il provoque des carences en calcium, des excès de phosphore, des déficits en zinc, et des troubles digestifs sévères. Si vous voulez essayer le BARF, faites-vous accompagner par un vétérinaire nutritionniste pendant au moins trois mois. Surtout, calculez précisément les apports. Variez les protéines sur une rotation de quatre à six sources. Congelez les viandes pendant 72 heures pour neutraliser les parasites. Le BARF coûte environ 20 % plus cher que les croquettes premium, demande deux heures de préparation par semaine. Surtout, et un congélateur de 200 litres minimum. Ce n’est pas un caprice : c’est un mode de vie. Au Royaume, nous avons testé le BARF pendant deux ans sur trois reproducteurs. Le pelage et la denture se sont améliorés. Le temps de préparation a fini par nous épuiser. Nous sommes revenus aux croquettes premium avec quelques compléments de cru ponctuels.

La ration ménagère : le compromis du milieu

La ration ménagère consiste à cuisiner pour son chien. Viande cuite, légumes vapeur, riz ou patate douce, huile végétale, complément minéral et vitaminique. C’est l’option la plus souple, à mi-chemin entre croquettes et BARF. L’avantage : vous contrôlez chaque ingrédient. Vous évitez les transformations industrielles. Vous adaptez à la saison et aux préférences de votre Shiba. L’inconvénient : le complément minéral est non négociable : sans lui, vous créez des carences en deux mois. Les marques fiables comme Vit’i5 ou Hill’s Prescription Nutrition proposent des poudres spécifiquement conçues pour la ration ménagère. Comptez 45 minutes de préparation pour une semaine de gamelles à congeler. Comptez aussi un budget équivalent au BARF ou légèrement supérieur, viande humaine de qualité oblige.

Nourrir un Shiba Inu : le rythme des repas

Un chiot Shiba mange quatre fois par jour jusqu’à quatre mois, trois fois jusqu’à six mois, deux fois jusqu’à un an. À partir d’un an, un seul repas le soir convient à beaucoup d’adultes, mais deux repas en deux portions plus légères restent recommandés pour la digestion. Le repas se prend dans le calme, dans un coin défini, sans présence d’enfants ou d’autres chiens à proximité immédiate. Le Shiba mange à son rythme, sans pression, sans qu’on touche à sa gamelle. Cette règle évite à long terme tout problème de garde de ressource.

Les aliments à bannir absolument

Certains aliments humains sont toxiques pour le Shiba. Le chocolat, même en petite quantité. L’oignon, l’ail, le poireau, l’échalote. Le raisin et les raisins secs. L’avocat. Le xylitol, présent dans les chewing-gums sans sucre. La noix de macadamia. La pâte à pain crue. Surtout, les os cuits qui éclatent en esquilles tranchantes. Les croquettes « pour humains », les restes de table très salés, les fromages très gras. Et tout ce qui contient de la caféine ou de l’alcool sont à exclure.
« Un Shiba qui refuse sa gamelle pendant 24 heures n’inquiète pas. En revanche, un Shiba qui refuse sa gamelle pendant 48 heures se montre au vétérinaire. La frugalité fait partie de la race, l’anorexie non. » , Adrien, Royaume d’Akuma

Les friandises et le travail éducatif

Pour l’éducation, gardez 10 % de la ration quotidienne en friandises. Préférez les morceaux de pomme, de carotte, de poulet bouilli, ou les friandises lyophilisées sans additif. Évitez les bonbons colorés vendus en grande surface, dont la composition reste douteuse. Un Shiba travaille mieux pour quelque chose qu’il aime vraiment. Trouvez sa friandise jackpot, celle qu’il préfère par-dessus tout. Réservez-la aux apprentissages difficiles. Pour les rappels en zone ouverte, rien ne vaut une lamelle de poulet rôti maison.

Pour aller plus loin, consultez la ressource officielle : guide SCC sur l’alimentation du chien.

Le poids idéal : un repère visuel

Un Shiba en forme se reconnaît au toucher. Les côtes doivent se sentir sous la main, sans appuyer, mais ne pas se voir saillir. La taille doit se dessiner depuis le dessus, en sablier marqué. Le ventre doit remonter légèrement depuis la cage thoracique vers l’arrière. Si vous ne sentez plus les côtes, votre Shiba est en surpoids. Si elles saillent visiblement, il est trop maigre. Une pesée mensuelle, à jeun, vous donnera la tendance sur l’année.

Nourrir un Shiba Inu : ce qu’il faut retenir

Rien de compliqué pour nourrir un Shiba Inu quand on respecte sa physiologie : un chien de petite taille, sensible à l’allergie alimentaire, qui apprécie la régularité. Croquettes haut de gamme, BARF, ration ménagère, chaque option a ses mérites. Au final, nourrir un Shiba Inu, c’est avant tout observer, ajuster et respecter son individualité.

Questions fréquentes sur l’alimentation du Shiba

Quelle est la meilleure alimentation pour un Shiba Inu ?

Il n’y a pas une réponse unique : croquettes haut de gamme, BARF ou ration ménagère fonctionnent, à condition d’être bien construites. Le Shiba étant sujet aux sensibilités cutanées, la qualité des protéines compte plus que le mode d’alimentation choisi.

Combien de repas par jour pour un Shiba Inu ?

Quatre repas par jour pour un chiot jusqu’à trois mois, puis trois, puis deux vers six mois. À l’âge adulte, un ou deux repas, dans le calme, sans qu’on touche à sa gamelle : le Shiba mange à son rythme.

Mon Shiba saute un repas, dois-je m’inquiéter ?

Pas pour 24 heures : le Shiba s’autorégule et saute parfois un repas sans raison alarmante. En revanche, un refus de gamelle au-delà de 48 heures, ou accompagné d’abattement, justifie un appel au vétérinaire.


Adrien & Adèle · Royaume d’Akuma. Éleveurs familiaux de Shiba Inu LOF à Néfiach, près de Perpignan, depuis 2012 (éleveur n° 542685). Méthode positive et signaux d’apaisement de Turid Rugaas au quotidien, avec nos chiens et nos deux enfants. Plus de 60 avis Google à 4,9/5.